Stanciulescu, Traian D.: Miturile creatiei. Lecturi semiotice, Iasi, Editura “ Performantica”, 1995; 235 p.
ISBN 973-97076-2-9
Recenzie de Georgeta Rata
Pentru cunoasterea preponderent rationalista a omului modern, obsesia vesnicei reintoarceri se manifesta si sub semnul aspiratiei de a revaloriza resursele intuitive ale cunoasterii arhaice.Acestei aspiratii i se subordoneaza incercarea universitarului iesean dr. Traian D. Stanciulescu de a contura o semiotica a miturilor creatiei. Construita sub semnul unitatii si continuitatii spiritului omenesc din toate timpurile si locurile, lucrarea propune o redefinire a mitului cosmogonic prin utilizarea instrumentarului semiotic: (1) cercetarea genetica a limbajului mitic (relatia semn/ simbol, text / discurs) din perspectiva structurala a dialecticii dintre semnificant si semnificat, forma si cintinut, expresie si sens, competenta si performanta etc.; (2) abordarea functionala a relatiilor intersemnice, din perspectiva triadica a analizei sintactice, semantice, pragmatice; (3) interpretarea preponderent “situationala” a demersului mitic, ca “situstie de comunicare” descrisa prin privilegiile teoriei comunicarii si ale teoriei informatiei. Argumentind ipoteza ca geneza si devenirea limbajului trebuie legate atit de explicatia naturalista (inneism lingvistic), cit si de cea conventionalista (constructivism lingvistic), autorul postuleaza existenta unui cod simbolic (semiotic) profund, “ nucleu dur” comun deopotriva limbajului verbal si non verbal.Se contureaza, in acest context, un tablou sintetic al ipotezelor ce ar putea explica geneza limbajului articulat.Ocontributie interesanta si originala o reprezinta ipoteza mimetismului ontologic, vizind constituirea unor holograme mentale (imagini-reprezentari ale realitatii fizice) prin receptarea (supra)senzoriala a informatiilor / energiilor lumii exterioare si transformarea lor mimetica - prin rezonanta - in vibratii-comenzi adresate aparatului verbo-kinestezic.Ansamlu articulat de sunete rezultat (cuvint) va reproduce omomorfic amprenta energetico-informationala a obiectului sau fenomenului denumit, putind actiona – prin feed back- asupra acestuia.S-ar explica astfel, prin mijloace stiintifice interdisciplinare, posibilele efecte de putere ale cuvintului (mitic), de genul: “Sesam, deschide-te!”.
Capitolul central al cartii - Mitul cosmogonic, posibila situatie semiotica - valorifica virtutiile metodologice ale situatiei de comunicare semiotica (semioza) . In acest scop, este propusa spre utilizare metoda originala a “ grafului semiologic”, presupunind reprezentarea tutor parametrilor specifici situatiei de “ comunicare creatoare” intr-o constructie logic ordonata pe o axa a diacroniei temporale.Avantajele evidente ale acestei metode permit autorului sa analizeze mitul ca dublu semioza: (1) una generala, prezentind mitul cosmogonic ca act-rezultat al creatiei umane, ca naratiune avind ca subiect procesul facerii lumii; (2) alta particulara, vizind actul propriu-zis de creatie a lumii de catre fortele divine. Cadrul creatiei umane devine meta-limbajul care descrie limbajul-obiect al creatiei divine.
Sint dezvoltate, astfel, intr-o inlantuire logica, principalele probleme ale lucrarii:
Pour la connaissance surtout rationaliste de l’homme moderne, l’obsession de l’éternel retour se manifeste sous le signe de l’aspiration vers la révélation des ressources intuitives de la connaisance archaïque.C’est à cette aspiration que se soumet la tentative de Traian D. Stanciulescu, professeur à l’Université de Iaºi: de donner une sémiotique des mythes de la création.
Construit sous le signe de l’ unité et de la continuité de l’esprit humain de tous les temps et de partout, l’ouvrage propose une nouvelle approche du mythe cosmogonique, à travers l’utilisation des instruments sémiotiques: 1. la recherche génétique du langage mythique (la relation signe/symbole, texte/discours) dans la perspective structurale de la dialectique du signifiant et du signifié, de la forme et du contenu, de l’ expression et du sens, de la compétence et de la performance, etc. ; 2. l’approche fonctionelle des relations entre les signes, dans la perspective triadique de l’analyse syntaxique, sématique, pragmatique; 3. l’interprétation surtout “situationnelle” de la démarche mythique, comme situation de communication décrite à travers les privilèges de la théorie de la communication et de la théorie de l’information.
En argumentant en faveur de l’hypothèse que la genèse et le devenir du language devraient être liés aussi bien à l’explication naturaliste (inneisme linguistique), qu’à l’explication conventionnaliste (constructivisme linguistique), l’auteur postule l’existence d’un code symbolique sémiotique profond, “noyau dur” commun au langage verbal et au language non verbal. Dans ce contexte, on voit prendre contour un tableau synthétique des hypothèses qui pourraient expliquer la genèse du langage articulé. Un contribution originale et intéressante y est l’hypothèse du mimétisme ontologique, où l’on a construction d’hologrammes mentaux (des images-représentations de la réalité physique) car la réception (supra)sensorielle des informations/énergies du monde extérieur et leur conversion mimétique - par résonance - en vibrations-commandes adressées à l’appareil verbo-kinestésique. L’ensemble articulé de sons qui en résulte (le mot) reproduira de façon homomorphique l’empreinte énergético- informationnelle de l’objet ou du phénomène nommé, pouvant agir – par feed-back – sur celui-ci. Ce serait là une chance d’expliquer, par des moyens scientifiques interdisciplinaires, les possibles effets de puissance du mot (mythique), du genre: “ Sésame, ouvre-toi!”.
Le chapitre central de ce livre, Le mythe cosmogonique, possible situation sémiotique, valorifie les vertus méthodologiques de la communication sémiotique (la sémiose). C’est dans ce but qu’on y propose l’utilisation de cette méthode originale du “graphe sémiologique”, qui suppose la représentation de tous les paramètres spécifiques de la situation de “ communication créatice “ dans une construction logiquement ordonnée sur un axe de la diachronie. Les avantages évidents de cette méthode permettent à l’auteur d’analyser le mythe en tant que double sémiose: (1) une, générale, qui présente le mythe cosmogonique comme acte- résultant de la création hummaine, commme narration ayant pour sujet le processus de la genèse du monde; (2) une autre, particulière, visant l’acte proprement-dit de genèse du monde par les forces divines. Le cadre de la création humaine devient métalangage qui décrit le langage objet de la création divine. C’est ainsi que sont développés, dans ce chapitre, en un enchainement logique, les principaux problèmes de l’ouvrage:
-Les compétences et les performances logico-linquistiques du créateur de mythes résultent de l’étude de la relation pensée-langage archaïque, respectivement de l’étude des attributs de cette relation ( la prédominance de l’intuitivité, la polyvalence logique, la modification de la relation de causalité, la vision antithétique du monde). L’analyse de telles déterminations permet de conclure que le logique est la forme de la réflexion du légique par le langage.
-Le spécifique discursif-textuel du message mythique, poursuivi dans les termes de la théorie de la communication et de la sémiotique, semble permettre des interprétations originales, fondées sur le postulat qui dit que, à tout texte/signifiant, correspond un discours/signifié et vice-versa.
-Les moments de la “sémiose divine” permettent une description sémiotique nuancée des acteurs divins de la création du monde, du processus de cosmogenèse proprement-dite, des résultats du cosmogonique, du but et de la finalité de ce processus, du cadre spatio- temporel associé à la démarche téogonique, cosmogonique, antropogonique, et des récepteurs virtuels ou réels de la sémiose cosmo- génétique (divins ou humains ).
Les résultats de ces analyses, c’est une originale méthodologie taxonimique, une méthodologie de classification des mythes originaux, capable d’ordonner (sémio-)logiquement l’immense variété de narrations mythiques que l’homme moderne a hérité de l’homme archaïque.
Les mécanismes de la symbolisation mythique sont étudiés en tant qu’expression symétrique de quatre types de résonance, instituée entre:1.ontos et logos; 2. veille et rêve; 3. terrestre et non terrestre; 4. logos et eidos. L’ensemble de ces mécanismes “ de résonance” transforme le symbolisme mythique en un instrument de sacralisation du profane à travers:
Le contexte de la démarche mytico-rituelle peut être poursuivi par rapport au degré de généralité et de participation sociale, respectivement avec les moyens spécifiques de la transmission du message. Les finalités de la démarche mytico-rituelle subordonne tous les actes “magiques de l’homme archaïque à un seul but: obtenir un effet de puissance” exceptionnel par le résultat des multiples formes du phénomène de résonance, les effets de puissance de la parole mythique sont étudiés en plan physique ( le contrôle magique de certains phénomènes cosmo-naturels), en plan méta-physique (l’invocation des divinités cosmiques par la puissance de leur nom), en plan psycho-physique (l’engendrement d’effets psycho-térapeutiques individuels, de nature hypnotique, suggestive, etc.), en plan socio-physique (par des effets spirituels, éducatifs-instructifs, au niveau du groupe humain). Dans le passage de l’émetteur au récepteur, les canaux de la communication mytico-rituelle sont corrélés au cours de deux étapes fondamentales: l’étape (proto)archaïque - de la culture orale -, on pourrait définir trois hypostases fondamentales de la relation entre la conscience significatrice (logos) et le cosme signifiant (ontos): 1. le monde comme discours/texte; 2. le monde comme texte/non discours;3. le monde comme non discours/non texte.
Le dernier chapitre fait une synthèse des arguments d’ordre structural et fonctionnel, antique et épistemique synchronique et diachronique, déployés le long de l’ouvrage, pour soutenir la thèse de l’unité de l’esprit humain.
Plédoirie rigoureuse pour le rapprochement entre “logique de l’esprit” et “ logique du coeur”, le livre de Traian D. Stanciulescu constitue une ouverture inédite pour la création de l’entre deux millénaires, essayant de rapprocher mythos et logos, archaïque et moderne, intuition et raison, logique et linguistique, mystique et scientifique. La pensée sur laquelle l’auteur clôt son livre apparait comme pleinement justifiée:
Autant de parole, autant de puissance et de croyance!